Colère et Espoir60

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UNE FICTION DANGEREUSE Par Habib ABBA-SIDICK

images_syrie.jpegLes déstabilisations au Moyen-Orient baptisées outrageusement révolution, ont mis en exergue un conflit supporté par des médias, dont l'intégration à la panoplie militaire offensive, déployée par les USA et leurs alliés européens, saoudiens et qataris demeurera un inédit, initié en Libye et perpétué en Syrie.

Les déstabilisations au Moyen-Orient baptisées outrageusement révolution, ont mis en exergue un conflit supporté par des médias, dont l'intégration à la panoplie militaire offensive, déployée par les USA et leurs alliés européens saoudiens et qataris demeurera un inédit, initié en Libye et perpétué en Syrie. Twitter, Facebook ( Égypte, Tunisie, Libye et Syrie) dont les servants furent formés par le NED (National Endowment for Democracy, une annexe de la CIA ), complétant l'arsenal médiatique mise à la disposition de pseudos insurgés syriens, largement rétribués par les royaumes wahabbite et Qatari et dont le caractère démocratique n'est plus à démontrer, mais qu'importe leurs ressources financières, ont permis l'acquisition de matériel militaire auprès des fabricants désignés comme les USA et certaines nations européennes, avec la complicité de la Turquie abritant sur son territoire des bases d'entrainement et de ravitaillement, sous couvert du HCR, destinées à l'acheminement de combattants infiltrés en Syrie depuis 2011. Un appareil médiatique organisé en réseau, autour d'Al Djazeera, la TV Qatari, laquelle s'était déjà illustrée pendant la conquête de la Libye, dont le chaos n'émeut personne, mais permet aux compagnies d'extraction américaines et européennes, dont Total de s'accaparer le potentiel d'hydrocarbures de ce territoire, au nom d'une révolution, au service du complexe militaro-industriel des USA, ayant délibérément opter en faveur d'une issue par la belligérance militaire.

Le terrorisme et la terreur une stratégie planifiée

À l'instar de la Libye, où Benghazi servit de ville symbole aux insurgés libyens, dans les rangs desquels se trouvaient d'autres nationalités appartenant au monde arabe, encadrés par les forces spéciales américaines, françaises, britanniques, qataris et saoudiennes, la Syrie fut confrontée au même type de stratégie, lorsque Homs fut utilisée comme ville de fixation, focalisant l'attention des opinions publiques occidentales sur les « massacres » perpétrés par « le boucher de Damas ». L'infiltration par le Liban et la Turquie d'escouades de commandos, dont la mission a été à travers certains assassinats ciblés , l'usage du rapt, notamment de civils syriens et étrangers et le dynamitage systématique d'immeubles en milieu citadin, d'entretenir la terreur et l'insécurité sur fond de déstabilisation du régime syrien. Ces actions ont été relayées par les médias du moyen-orient et occidentaux, dont l'objectif est de veiller à maintenir, cette fiction révolutionnaire défiant le tyran damascène massacrant quotidiennement son peuple, à l'endroit des opinions publiques européennes et américaines, justifiant à posteriori une intervention militaire occidentale.

Depuis lors, les médias étrangers ont été expulsés de Syrie, l'information dispensée à propos de la situation prévalant sur ce territoire, transite par une source unique dénommée OSDH situé en Grande-Bretagne à Londres. Son représentant unique, prétend être en relation avec des observateurs militants syriens, répartis sur l'ensemble du territoire syrien, rapportant images, photos et témoignages des exactions accomplies par les troupes régulières syriennes. L'ensemble de cette information est ensuite colportée par l'AFP, Reuters, CNN, Al Jazeera sans être vérifiée.

Depuis 2011, la Syrie est à la une de l'actualité quotidienne, aux origines était le peuple bravant l'autocratie meurtrière, puis par un glissement sémantique s'expliquant par certaines distorsions liées à la présence de commandos provenant de l'ext érieur et de victimes déplorés au cours de combat ou d'embuscades et pas au cours de manifestations, se sont substitués les déserteurs militaires, lesquels disposant d'un arsenal domestique inépuisable, les autorisant à renouveler leur matériel, s'affrontaient avec les militaires réguliers syriens. Comment une troupe, peut elle sans ravitaillement externe en matériel et en munitions entreprendre des opérations de harcèlement ? Comment s'est elle procurée les matériels anti-blindés provenant d'arsenaux européens ou américains, car le pourvoiement des troupes syriennes est dévolu à la Russie, laquelle produit des équipements militaires distinctes de ceux de l'OTAN et aisément identifiables ? Aucunes interrogations n'émanent des médias, devenus des auxiliaires de l'appareil militaro-industriel de l'ordre américain.

Les USA, à défaut de rassembler une coalition mêlant les forces occidentales aux forces du moyen-orient et du golfe arabique, comme précédemment en Libye ou auparavant en Irak, où des troupes égyptiennes, syriennes ont participé à l'invasion initiale de ce territoire ont préféré envahir la Syrie avec des troupes hétéroclites de djihadistes anonymes . L'ironie de l'histoire, veut qu'à leur tour l'Égypte et la Syrie, symbole politique (Gamal Abdel Nasser) et laïque (le parti Baas) du monde arabe, sont l'objet de la convoitise et du courroux des USA et de leurs séides de l'OTAN.

L'intervention de la Russie et de la Chine

En s'opposant à toute intervention militaire en Syrie, la Russie et la Chine expriment clairement les limites qu'elles imposent à leurs futurs adversaires. Le conflit en gestation avec la Russie pourrait revêtir à terme, une belligérance directe, la confrontant avec l'un des protagonistes inavoués de la situation syrienne, les USA accompagnés par l'OTAN, à laquelle le précédent gouvernement néo-libéral et atlantiste hexagonal s'est arrimé. Si le pacte de Varsovie a été dissous, son pendant occidental l'OTAN est demeuré et les USA ne se privent de son usage. Lorsqu'en 1966 le président de l'époque, Charles De Gaulle, décida de rompre avec cette institution, il s'aliéna les USA, mais permit à l'hexagone doté de l'outil atomique depuis 1960, de demeurer entre les USA et l'URSS à l'époque du conflit Est Ouest. Position difficile, mais accordant la possibilité de délivrer un discours situé en dehors des options américaines et soviétiques.

Le problème syrien, dénote de la part des occcidentaux rassemblés dans l'OTAN, de désigner leurs futurs périmètres de prédations, la Russie et la Chine, dont les potentiels financiers et économiques sapent la suprématie américaine et occidentale. Les USA, Après avoir tenté de retarder l'essor économique des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), argumentaire fallacieux lors de la conférence de Copenhague en 2009, tendant à prouver que les nations en développement était responsable du désordre climatique, pendant que le protocole de Kyoto en 1995 leur octroyait la faculté d'acquérir des droits à polluer et qu'auparavant était crée le controversé GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat).

Mais l'effronterie des BRICS à persister dans leurs options légitimes, d’accroître leur expansion économique, était une posture inacceptable car elle mettait en péril l'hégémonie américaine, à propos de l'énergie et du dollar d'autant que depuis quelques années l'intensification des flux économiques entre ces puissances s'est réalisé dans leur monnaie respective sans recourir au dollar. Dans ces conditions, les dérives de l'économie strictement financière, à l'instigation des USA, entraînant dans son sillage les institutions financières européennes, trouvèrent en 2008 leurs résolutions dans le déclenchement de la stratégie du chaos. La tournure agressive, de la politique extérieure des USA, amplifiée par la présidence actuelle est concomitante de l'offensive financière détruisant les économies du continent européen, en rivalité avec le dollar depuis la création de l'euro, devenant l'une des devises adoptée dans les transactions internationales sur les matières énergétiques.

La Syrie est consécutivement de par sa situation géographique et politique, l'accès méditerranéen naturel de la Russie et par ses gigantesques réserves de méthane, la cause de la rapacité américaine et de ses séides européens et syriens. Dans ce contexte levantin, où l'hexagone a exercé son autorité, sur le Liban et la Syrie de 1920 à 1944, conférée par la SDN et les accords sykes-Picot de 1916, on s'interroge, sur les objectifs d'une diplomatie apparaissant inféodée aux USA, lesquels organisent le démantèlement économique, politique et financier du continent européen, que l'on pouvait admettre du précédent gouvernement, atlantiste affiché, mais d'une autorité socialiste soutenue par des formations progressistes, républicaines et communistes de surcroît, même si certain s'était prononcé en faveur de l'intervention en Libye, tout en appelant à « la révolution citoyenne » ou à « l'insurrection civique », lorsqu'il était juché sur les tréteaux de la république, ne nous interroge pas seulement, mais inquiète, car il s'agirait d'un renoncement à la définition, d'une politique internationale indépendante de la nation française.

Cette posture du gouvernement actuel, n'est pas antinomique avec la mise en œuvre du TSCG, en lui préférant une souveraineté par procuration, que les USA exerceront à travers la commission européenne, déjà rallié à une politique extérieure « atlantiste », amorcée sous François Mitterrand, et que le président et son ministre des relations extérieures actuels se sont empressés d'adouber.

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