Colère et Espoir60

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ALEP, LE TRIO INFERNAL S’APITOIE SUR SON FIASCO Par Habib ABBA-SIDICK

Russia_Syria-08e2f.jpgEn 2012, lorsque la belligérance syrienne s’intensifia, le Blog de Colère et Espoir60 s’inscrivait à contrario des thèses supportées par l’exécutif hexagonal emmené par Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, puis par François Hollande et Laurent Fabius et des médias reportant soigneusement l’expression officielle.

En 2011, Alain Juppé décida que la représentation diplomatique française à Damas n’avait plus lieu d’être et convia le représentant hexagonal a réintégré ses pénates hexagonales. Dorénavant, la France signifiait au gouvernement officiel de la République Arabe Syrienne que sa légitimité ne lui serait plus reconnue par la république Française.

La république Française était profondément engagée dans l’imbroglio syrien avec la Grande-Bretagne et la Turquie par la création de l’ASL. François Hollande nouvellement installé perpétua la ligne politique léguée par ses prédécesseurs dont le leitmotiv désormais se déclinerait à Washington sous la forme de « Bachar Al Assad doit quitter le pouvoir » et céder sa place à une opposition inexistante fabriquée par les officines Françaises, Britanniques et américaines.

En l’occurrence, la France en ce domaine nous inventa une pseudo organisation » le Conseil National Syrien » rassemblant un tas d’énergumènes aux prétentions extraordinaires, mais n’ayant aucune audience en Syrie. Leur résonance n’était que médiatique, quelques caméras, une visite à l’Élysée, un accueil présidentiel avec le président François Hollande plastronnant sur le perron avec le fidèle gardien de la Françafrique Laurent Fabius, comme sherpa désigné par les Néocons américains.

Car au-delà de la Syrie, dont l’importance a été largement traitée sur ce blog, il s’agit bien des relations entre la France et les USA que la Syrie a mis en exergue et l’ humiliant écroulement d’Alep où le trio infernal France, Grande-Bretagne et USA considéré comme un point de fixation de l’Armée Arabe Syrienne et de ses alliés démontre que la France est dans l’incapacité de déployer une politique extérieure autonome, préférant subir l’implacable délitement de la suprématie américano-européenne sur le Proche-Orient.

Malgré les rodomontades d’un ensemble médiatique digne d’une république tropicale tentant d’accréditer que la suprématie américano-européenne demeure, l’histoire se tourne vers cette dynamique en gestation provenant des contrées euro-asiatique que dorénavant aucune des puissances régnantes jusqu’alors ne sera plus en aptitude d’ignorer.

Alep est le succès de l’Armée Arabe Syrienne, de la République Arabe syrienne, du Président Bachar Al Assad, mais aussi de L’Iran, du Hezbollah libanais et surtout de la Fédération de Russie laquelle avec abnégation et détermination a mis sa technologie, ses infrastructures militaires, ses services de sécurité au service de sa stratégie opérative édifiée avec la république Populaire de Chine et les nations membres de l’organisation de Shanghai permettant le déploiement des «sentiers de la soie», véritable projet économique planétaire reposant sur l’abondance en matières premières dont le territoire de la Fédération de Russie est pourvu et la force de frappe financière de la République Populaire de Chine.

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Que reprochait on au Président Bachar Al Assad ? Sa récusation des ambitions Françaises, américaines et Britanniques de mettre sous tutelle la nation syrienne au nom des impératifs développés par ZBIGNIEW BRZEZINSKI (Ex-responsable à la Sécurité nationale du président Carter) et HENRY KISSINGER (Ex-ministre des relations extérieures de Richard Nixon). Les USA devaient s’emparer et maîtriser l’ensemble des sources d’énergie présentes sur la planète en l’occurrence les gisements d’hydrocarbures et de méthane.

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En conséquence, le Proche-orient suggérait une avidité démultipliée que les USA décidèrent d’assouvir en ralliant à leur projet, après avoir enserré l’Irak, la France sous la houlette de Nicolas Sarkozy se prosterna et accepta de renoncer à ses objectifs en s’employant à satisfaire les desiderata de son belluaire américain.

Les Présidents Nicolas Sarkozy et plus tard François Hollande adoptèrent la ligne imprimée par les USA de Ronald Reagan à Barack Obama. Sur le plan domestique, l’UE était l’intermédiaire obligé, est par avance justifiée toutes les impérities des politiques économiques néo-libérales menées en France depuis 2007, que l’on désigne sous le vocable de réformes, alors qu’il s’agit d’une destruction planifiée des institutions, de l’économie et de la souveraineté française sous la férule d’une Allemagne délivrant le tempo et d’une France entérinant les décisions émanant de l’UE et de la Commission Européenne véritable instance directoriale appliquant les exigences des USA, dont l’objectif est d’asservir l’ensemble du continent européen y compris la Fédération de Russie que ses immenses ressources naturelles sont toute la convoitise des néocons servis par Hillary Clinton, dont l'élection aurait du être l’apogée des sieurs Kissinger et Brzezinski.

Nicolas Sarkozy, comme François Hollande pourront par la suite prétendre qu’ils n’étaient pas responsables, puisque la France était liée par les traités approuvés par l’expression populaire et que les politiques générés l’étaient par l’acceptation de tous. Excepté que nos duettistes ont tronqué les résultats désapprouvant le TCE à une large majorité, en utilisant les ressorts de l’assemblée nationale et du sénat, rassemblés en congrès, lequel biffa le non populaire, au profit du oui que cette ploutocratie envahie par la prévarication s’était promise de rétablir.

Dans ces conditions, quelles sont les raisons de l’acharnement de la France à propos de la Syrie ?

Le président Bachar Al Assad en ne se soumettant pas au diktat des USA, de la France et accessoirement de la Grande-Bretagne, cette perfide Albion prête à vous sacrifier sur l’autel de ses infinies réalités, entrava le projet Kissinger-Brzezinski.

Il serait plus juste de modifier l’ordre de notre chronologie. En Syrie en 2011, les USA préfèrent s’en remettre à la planification concoctée par Alain Juppé. Dorénavant la France s’exposera en réhabilitant l’antienne coloniale. À l’époque où la SDN lui accorda mandat sur la Syrie, la France s’empressa de la scinder en partie confessionnelle. La résultante fut la naissance du Liban et sa minorité Chrétienne (maronite et Copte) que la France coloniale cajola, parce qu’elle pouvait l’opposer à la majorité arabe et musulmane contenue en Syrie, mais traversée par le nationalisme arabe n’admettant pas l’attitude de la France, laquelle gérait la Syrie comme l’une de ses colonies, alors qu'elle n'était qu'un protectorat.

Alep, à l’époque où la France exercée son mandat reçu de la SDN (1920-1946) a été un foyer insurrectionnel d’opposition à la présence Française, que la troupe de la république réprima férocement.

La France partitionna la Syrie selon un mode opératoire que la colonisation hexagonale a toujours mis en pratique notamment en AEF (Afrique Équatoriale Française) et en AOF(Afrique Occidentale Française) « Nous vous diviserons et nous régnerons ». En l’occurrence, lorsque fut produit en 2013 une cartographie attribuée aux USA délimitant les zones ethniques et prévoyant la création d’un Sunistan, d’un Chiistan, d’un Kurdistan, d’un Alaouistan, d’un Druzistan et même un Turkménistan, les véritables auteurs étaient plutôt à dénicher du côté du quai d’Orsay, car cette topologie et cette typologie ressemblaient à s’y méprendre à ce que la France coloniale avait initié pendant son protectorat en Syrie.

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Carte établie en 2013 par Mme Robin Wright United States Institute of Peace (USIP)

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Carte établie en 1920 par le Général Gouraud Haut-commissaire en Syrie.

Le quai d’Orsay, l’antre de la diplomatie Française, est hantée depuis plusieurs décennies par les thèses des néocons américains, auxquelles tant Alain Juppé que Laurent Fabius ainsi que Nicolas Sarkosy et François Hollande ont acté leur allégeance. De plus, François Hollande et Alain Juppé peuvent s’enorgueillir d’avoir été désigné à leur époque Young Leader par la FAF( French American Foundation) .

Évidemment cette institution cultive la remembrance coloniale, au temps jadis de la gloire éternelle de l’empire, aujourd'hui évanouie. Malgré les confettis de l’ex-AEF (Afrique Équatoriale Française) et de l’ex-AOF (Afrique Occidentale Française) en déshérences, lorgnant vers la République Populaire de Chine et l’Afrique du Sud, membres des BRICS

Un certain nombre de divisions du Quai D'Orsay, et en particulier celle du proche-orient, ne sont pas réfractaires aux discours conquérants en provenance des USA et ont promulgué la déstabilisation de la Syrie. Alors que plusieurs officiers de la DGSE avaient exprimé leurs réticences, préférant perpétuer les relations nouées sous la présidence de Hafez Al Assad géniteur de l’actuel président de la République Arabe de Syrie Bachar-Al-Assad.

La France, dès 2011 initia la création de l’ASL Armée Syrienne Libre dont l’étendard est orné des symboles en référence à la présence française en Syrie. En Juin 2012, lors de l’intronisation du président François Hollande, le soutien de la France à L’ASL sera accentué par la délivrance de matériels militaires et d’instructeurs issus des Forces spéciales. Cette initiative sera amplifiée puisque l’Allemagne, Israël et plus tard la Turquie, les USA , l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Jordanie, la Grande-Bretagne se joindront et concourront à conserver à l’ASL ses possibilités opérationnelles.

Mais en 2013, les USA vont s’impliquer davantage en délivrant instructions à la CIA en collaboration avec l’ Arabie Saoudite et le Qatar, dont le financement était nécessaire, de créer le Front Al Nosra lequel réalisera place nette en éliminant les escouades de l’ASL, cela aura comme conséquence la marginalisation de la France et la prééminence des USA .

Peut-être que l’élimination de l’ASL résultait des événements de la Goutha? Où la France avait tenté sans succès d’inciter les USA à user de ses forces aéro-navales avec l’objectif de pilonner Damas, suite à l’accusation mensongère de l’utilisation de substances toxiques par l’Armée Arabe Syrienne à l’endroit de ses populations que n’hésiteront pas à proférer Laurent Fabius et François Hollande. Le président Barack Obama décida de surseoir à toute intervention directe des USA. Il fut démontré que ces actes avaient été commis par le Front Al-Nosra en dépit des affirmations françaises.

La hiérarchie impérialiste venait d’être restauré et dès lors la France n’avait pas d’autres alternatives que de se plier aux injonctions des USA. Désormais, le Front Al-Nosra disposant de matériels sophistiqués en provenance des arsenaux ukrainiens, américains, britanniques et français, d’instructeurs issus des forces spéciales de ces nations, ainsi que de combattants venus de Tunisie, D’Algérie, du Maroc, de la Libye, de la France, du Caucase, de la Chine, de Belgique, de Grande-Bretagne, des USA, de Jordanie, d’Égypte, du Pakistan et dont le coût financier était assumé par l’Arabie Saoudite et le Qatar, déclencha des offensives multiples mettant en difficulté l’Armée Arabe Syrienne et hâtant l’intervention de la Fédération de Russie le 30 septembre 2015.

Évidemment, les atermoiements et les gémissements dont nous inondent les médias patentés des USA, de la France et de la Grande-Bretagne à propos d’Alep nous paraissent déplacer, tant leur intrusion supportée par un bellicisme indéniable, ont provoqué la belligérance syrienne de manière à s’approprier le méthane de la République Arabe Syrienne, à endiguer le projet « des sentiers de la soie » proposé par la république Populaire de Chine et la Fédération de Russie et à disloquer une nation arabe et laïque en lui substituant des profanateurs de l’islam, que sont les saoudiens et les Qataris sensés être l’alpha et l’oméga du monde arabe, avec l’assentiment du trio infernal.

On notera, qu’encore une fois, la France rencontrera l’insuccès en Syrie. Après avoir reconnu en 1944 son indépendance, les autorités de la République Française ont tenté de se maintenir en Syrie et en particulier à Damas où les unités militaires françaises commirent des exactions sur la population damascène en 1945 en pilonnant massivement Damas jusqu’à l’intervention de la Grande-Bretagne, laquelle mit un terme à la présence française en Syrie.

En 2016, aux unités militaires ont été substituées les légions médiatiques exerçant un battage audio-visuel autour de la rengaine « Le Boucher de Damas », tel était le surnom octroyé au Président syrien Bachar Al Assad par Laurent Fabius. Dans ces conditions, au lieu de préparer l’avenir, l’exécutif persiste dans ses erreurs et perpétue son bellicisme en prétendant que les troupes de l’Armée Arabe Syrienne déciment au jugé les alépins désireux d’emprunter les itinéraires d’évacuation et ainsi il sera démontré à l’opinion publique combien le Président Bachar-Al-Assad, la Fédération de Russie et son président Vladimir Poutine sont infréquentables. Comme en 1945, l’autorité de la république ne se résigne pas à sa reddition en Syrie.

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