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DES LAURÉATS PRÉSIDENTIELS HOMOLOGUÉS Par Habib ABBA-SIDICK

Nuire-debout.jpgL’interrogation sur laquelle tout citoyen doit cogiter avant de décider à quel candidat il destine les faveurs de son suffrage serait d’aborder l’environnement social dans lequel lui-même évolue et de l’examiner avec celui des candidats s’offrant à son suffrage et échappant à sa réalité de citoyen ordinaire, en n’étant que la représentation d’un ou des pouvoirs formant cette extra réalité que l’on surnomme le système.

Parmi tous ces prétendants, lequel d’entre eux au milieu du fatras de ses propositions a-t-il proposé une transformation socialiste de la société en s’y incluant au même titre que vous ? Aucun, il propose et il dispose, car le système l’a habilité à vous soumettre ses exigences. Participer à la joute présidentielle nécessite d’obtenir 500 paraphes émanant d’édile municipaux, les élus de proximité comme il est sied de les désigner, adhérents dans leur immense majorité d’organisations politiques se succédant aux magistratures suprême et subalterne depuis des décennies.

Cette condition acquise, l’impétrant, dans le cas où il participerait au 1er tour, devra rassembler un pécule dont le montant en 2012 s’élevait à 16.5 millions €, un supplément de 6 millions € est inévitable, lors d’une qualification au tour suivant. Vous pourrez aisément déduire que de tels montants inciteront leurs récipiendaires à démontrer que leurs inclinaisons seront utiles au système, car de tels emprunts ne peuvent être effectués qu’ auprès des établissements financiers ou servis exclusivement par de généreux particuliers jusqu’à hauteur de 4600€. Aucune organisation politique ne revendiquerait receler pareille fortune.

Évidemment, il est prévu qu’un résultat égal ou supérieur à 5 % des suffrages exprimés offre la possibilité de percevoir de l’autorité publique une restitution équivalente à 47.5 % des sommes dispensées à cette campagne. Tous les candidats sont captifs des établissements financiers, lesquels modulent à leur guise les fonds mis à leur disposition, lorsqu’ ils n’appartiennent à aucune formation politique renommée, proportionnellement à leur aura, à leurs connivences et aux études d’opinions évaluant leur possibilité d’obtenir au moins 5 % des suffrages exprimés.

Les « partis politiques » traditionnels s’abstraient de ses contingences, puisqu’ils sont la réflexivité du système. Leur absence désagrégerait la cohésion de cette singulière démocratie, dont la légitimité justifie la participation des électeurs citoyens.

En conséquence, se revendiquer de la transformation socialiste de la société est prédestinée à la récusation. En revanche, l’éventuelle rénovation préservant l’existant entérinera votre postulation.

Attardons nous sur l’enrobant de ce néolibéralisme édifiant cet environnement, car sa prospérité en dépend. Au-delà de son aspect économique générant une prédation illimitée, érigeant la spéculation financière en mode de production générateur de profits en abondance, initiant des belligérances permanentes se substituant à la juste coopération entre les peuples, son acceptation par les masses est fondée sur la générosité et l’universalité des principes : de liberté, des droits de l’homme, de la démocratie et de l’écologie lui permettant de farder son absolue ignominie.

Son emphase à propos du progrès dissimule aussi son hostilité à toute révolution technologique. Paradoxalement, elle est son ennemi, même si elle lui permet de densifier et d’accélérer les process financiers, elle est un point d’achoppement. Que deviennent les êtres humains précédemment intégrés à un processus de production désormais obsolète ? Jusqu’alors comme producteur et consommateur l’individu était inconsciemment son propre bourreau, mais une multi-source de profits en faveur du détenteur de l’outil d’exploitation.

Parallèlement au développement de cette économie financière, l’intrusion de l’automatisation et des intelligences artificielles dans les processus de fabrication en soustrairont la participation humaine jusqu’à promouvoir à terme des unités de production dépourvues de toute présence humaine. Cette situation s’oppose au substrat du libéralisme, l’exploitation de l’homme par l’homme. Exploiter comme producteur, mais aussi lorsqu’il consomme davantage que sa propre exploitation ne lui a permis de produire en l’enchâssant dans l’usure par l’emprunt. Ainsi il pourvoie à l’économie financière dont il devient l’un des éléments propagateur.

La question est de déterminer quel est le sort que les puissances financières actuelles réservent à l’humanité active ? À contrario, l’individu même inemployé demeure actif et se trouve en capacité d’engendrer de l’activité se déployant dans un environnement excluant le libéralisme. Cette opportunité ne peut satisfaire cette économie prédatrice et autolâtre, en conséquence elle doit trouver des palliatifs permettant l’élimination d’un nombre massif d’entre l’espèce humaine devenue trop onéreuse à entretenir. Monstruosité au pire, ineptie au mieux direz-vous ?

Quelles sont les raisons objectives amenant le libéralisme à souhaiter un affrontement dûment ordonné par lui en République Arabe Syrienne et en Ukraine avec la Fédération de Russie et la République Populaire de Chine en usant de prétextes spécieux extraits du vade-mecum célébrant la démocratie, les droits de l’homme, les libertés...) ?

« Les sentiers de la soie » dont l’extension se dresse en rival économique, militaire et philosophique du néolibéralisme. La perpétuation de ces hostilités, dans le cas où elles provoqueraient une déflagration militaire et où interviendrait l’usage de mini-nuke (nucléaire maîtrisé), installerait un cycle de destructions d’humains et de biens matériels autorisant le libéralisme, comme auparavant, à se régénérer ultérieurement. La dévastation étant le prélude à la régénérescence.

Quelles sont les raisons objectives le déterminant à s’emparer des sphères publiques et en particulier à s’octroyer la propriété des organismes de prévoyances sociales et de santé ? On ne retiendra pas dans notre bref exposé les arguments mensongers que la calamité libérale délivre au service de cette félonie. De Facto, ils en sont exclus, car ils justifient à priori l’exaction. Il serait plutôt judicieux d’en analyser les conséquences.

Supposons l’absence dans notre environnement social de la séquence production-exploitation-salaire-exploitation-consommation, auquel on lui aura substitué le Revenu universel, supprimé les espèces et où les organismes de prévoyances sociales et de santé seraient dévolus aux multinationales. Des légions d’individus non employés percevant un Revenu Universel numérique (issu de la spéculation et de l’impression par la BCE de devises factices) et ne disposant plus des infrastructures de prévoyance et de santé. Les effets en seraient absolument dévastateurs au détriment de l’espèce humaine, mais tellement profitable à l’engeance libérale et à son avidité endémique.

Quelles sont les raisons objectives que le libéralisme aurait d’approuver l’écologie et les particularismes abrités par le « droit des minorités ». la préservation de l’écosystème ordonnance une économie restrictive destinée à satisfaire une catégorie de la population dévouée au libéralisme. Le fonctionnement du système semble subir une modification, alors qu’on le pare d’une éthique honorable, acceptable par tous(droits de l’homme, démocratie, écologie), sans en remanier sa structuralité toujours orientée vers davantage d’accumulation de profits reposant sur le principe intangible de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Le libéralisme ne peut se dérober à cette exigence sans se démettre. « La mondialisation » ou l’ impérialisme débonnaire perpétue cette quête inextinguible de profits. Les peuples du continent européen sont devenus rétifs au labeur tel que Émile Zola le relatait et se situeront de plus en plus sur des perspectives proscrivant cette obligation devenue un dol par rapport à un progrès émancipateur et déjà présent.

Dans ces conditions, on discerne mieux la logique ayant gouverné cette récente transhumance organisée par les suppôts du libéralisme à destination des territoires européens en provenance de contrées auparavant saccagées et razziées par les multinationales impérialistes veillant à les détourner du droit des peuples à disposer d’eux mêmes en prohibant leur développement. Le libéralisme importe son « huile d’homme » nécessaire au décuplement de ses profits réduits par l’automatisation et la perspective des « sentiers de la soie » déjà à l’œuvre. En la matière, la commission européenne propose d’émettre une taxe à l’endroit des automates. Par cette initiative elle tente de brider un processus pourtant inexorable.

Y-a-t-il un candidat que le système libéral propose à vos suffrages présidentiels en aptitude de prodiguer l’impérieuse transformation socialiste accompagnant obligatoirement cette révolution technologique. Aucun, pas même celui de la France insoumise dont la pusillanimité tutoie la forfaiture.

Dans ces conditions où se niche la solution ? Dans l’organisation et la réflexion des peuples. Il n’y aura point de salut, si nous rétrocédons notre libre-arbitre à des tiers, zélateurs d’un système prévaricateur, cupide et narcissique dissimulé sous l’apparence d’une démocratie représentative de l’extorsion et dont les mandataires ne sont que des extorqueurs.

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