Colère et Espoir60

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ENCORE ET TOUJOURS DAVANTAGE DE DUPLICITÉ Par Habib ABBA-SIDICK

aff_col_esp_3.pngUn rapport provenant de la DIA(Fr)(Eng) rédigé en août 2012 dément la thèse officielle que le gouvernement franco-américain installé à l’Élysée depuis 2007 nous sert depuis le début des événements en Syrie et que nous avons toujours attribués aux puissances occidentales parmi lesquelles l'hexagone, les USA, la Grande-Bretagne et leurs affidés dénommés l'Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et Israël.

La thèse officielle, à l'origine, était de nous présenter dans la continuité des « printemps arabes », cette mascarade révolutionnaire, les événements survenus en Syrie comme une révolte populaire revendiquant la reconnaissance de ses droits légitimes et se heurtant à l'intransigeance d'un « dirigeant barbare » dont l'unique perspective était de réprimer son peuple.

Évidemment, les médias répandant leur « propacom » nous ont gratifié de leur mutisme compréhensible en évitant soigneusement de nous informer de la présence d'éléments de la DGSE (notamment à Homs en 2012 où 17 d'entre eux furent retenus prisonniers par les forces de sécurité syriennes et escamotés vers la mère patrie après qu'un accord soit intervenu entre les autorités hexagonales et syriennes), de la CIA, du MI5 britannique et du MIT turque. Actualités

La technique utilisée pendant les manifestations organisées à Damas en 2011 avait déjà été expérimentée au Venezuela lors du renversement d'Hugo Chavez en avril 2002. Des tireurs identifiés comme pro-Chavez avaient par des tirs sporadiques, mais soigneusement ajustés, visé les manifestants anti-Chavez, semant le désordre et provoquant l'intervention des militaires vénézuéliens et le putsch consacrant l'éviction d'Hugo Chavez. Ce processus générera en Syrie le prétexte nécessaire à initier la phase militaire.

En quelques mois, une véritable organisation disposant de matériels performants était mise en œuvre. La thèse officielle répandit un non sens destiné à apaiser les opinions publics, en prétendant que ces éléments s'opposant aux autorités de la république arabe et laïque syrienne étaient des déserteurs appartenant à l'Armée Arabe Syrienne ayant rallié la « révolution » avec leurs équipements. Acceptons ce principe, bien qu'il soit en contradiction avec la chose militaire, laquelle nécessite une logistique permettant de ravitailler en munitions et en matériels des combattants-déserteurs n'étant plus en capacité de s'approvisionner auprès des arsenaux militaires syriens.

Nous sommes en 2015 et la belligérance syrienne se perpétue, cela supposerait que les déserteurs se sont multipliés et que l'armée Arabe Syrienne ne disposerait plus d'effectifs et que ses magasins serviraient à renouveler le matériel des opposants. Il s'agit bien d'un non-sens.

La première manifestation à Damas a eu lieu en mars 2011, le rapport de la DIA, en août 2012 nous indique que « Les salafistes, les frères musulmans et Al-Qaïda-Irak sont les principales forces menant l'insurrection en Syrie. » puis « L'occident, les royaumes du golfe et la Turquie soutiennent l'opposition tandis que la Russie, la Chine et l'Iran soutiennent le régime syrien. » On est très éloigné du salmigondis hexagono-américain attestant d'une opposition modérée qu'il était donc légitime de servir en matériels et munitions au nom de la « démocratie » par opposition aux islamistes (actuellement de Daesch mais en réalité Al-Qaïda), infréquentable car habités par le démon djihadiste. À ce propos l'évaluation de la DIA nous informe que « Depuis le début de l'insurrection Al-Qaïda-Irak soutient idéologiquement et médiatiquement l'opposition syrienne. Al-Qaïda-Irak s'oppose au régime d'Assad l'accusant de s'en prendre exclusivement aux sunnites. » et encore «Al- Qaïda-Irak a mené de nombreuses opérations terroristes dans plusieurs villes syriennes sous le nom de Front Al-Nosra, une de ses excroissances.» puis «Il y eut une décroissance d'Al-Qaïda-Irak dans les provinces occidentales de l'Irak en 2009 et 2010 ; Cependant, après l'Insurrection en Syrie, les pouvoirs religieux et tribaux régionaux y adhérèrent. Cette adhésion se manifesta à travers les prêches de la prière du vendredi, appelant les volontaires à rejoindre le combat des sunnites en Syrie.»

La DIA évoque Al-Qaïda-Irak comme le dispositif initial ayant permis d'installer une situation de belligérance en Syrie dès 2011. Daesch ou l'EI et Al-Nosra n'étant que des alias permettant d'entretenir la confusion dans les opinions publiques, mais relevant d'Al-Qaïda-Irak dont les positions s'affirment sur les zones frontalières syro-irakienne où les populations sunnites sont identiques, permettant d'avoir un vivier de recrutement intarissable et de maintenir une prédominance que les autorités syriennes leur ont volontairement abandonnée, préférant préserver la façade maritime, en l'occurrence Tartous et Lattaquié.

En conséquence, la DIA affirme qu'il n'y a qu'une seule opposition en Syrie c'est Al-Qaïda, laquelle désigne la Syrie comme son adversaire en l'accusant de favoriser l'expansion des chiites et de persécuter les sunnites « Si la situation se dénoue, il y a la possibilité de créer une principauté salafiste officielle ou officieuse dans l'est de la Syrie (Hassaké et Der Ez Zor), ce que les puissances soutenant l'opposition souhaitent de manière à isoler le régime syrien, considéré comme le vecteur de l'expansion chiite (Irak et Iran). »Soutenue par les puissances occidentales : France, USA et Grande-Bretagne, lesquelles avaient l'intention de récidiver comme en Libye en mettant en œuvre une zone d'exclusion aérienne, « Le développement des événements actuels dans cette guerre par procuration: Avec l'appui De la Russie, de la Chine et de l'Iran, le régime contrôle les zones côtières le long du littoral (Tartous et Lattaquié), et défendra farouchement Homs, considérée comme la première voie terrestre de Syrie. En revanche, les forces d'opposition Essaieront de contrôler les zones orientales (Hassaké et Der ez Zor), attenantes aux provinces de l'ouest irakien (Mossoul et d'Al Anbar), et celles proches de la frontière turque voisine. Les occidentaux, Les royaumes du Golfe et la Turquie appuient ces efforts. Cette hypothèse est la plus probable en conformité avec les événements récents, lesquels permettront de préparer une zone d'exclusion aérienne similaire à celle mise en place en Libye, lorsque Benghazi est devenue le siège du gouvernement provisoire.»

La Syrie djihadisée permettra une expansion vers la partie asiatique de la Fédération de la Russie et les territoires de la république populaire de Chine abritant des communautés musulmanes, «Al-Qaïda-Irak est dans une position idéale en demeurant dans ses fiefs de Mossoul et de Ramadi lui permettant d'unifier les djihad irakien et syrien et de l'étendre à l'ensemble du monde arabe sunnite, de manière à combattre la dissidence chiite considérée comme une ennemie. Daesch (EI) pourrait aussi investir un territoire islamique en rassemblant les organisations terroristes en Irak et en Syrie mettant en danger l'unité de l'Irak et son intégrité territoriale. »

Le rapport d'évaluation de la DIA considère que le maintien de ces zones en territoire irakien tenus par Al-Qaïda lui est vital, car elles permettent d'accueillir des combattants venus de toute la planète affronter le fameux « boucher de Damas », pourfendeur des musulmans sunnites. "Permettre le renouvellement des éléments terroristes en provenance de l'ensemble du monde arabe sur le territoire irakien."

Ne soyons pas dupes de cette situation depuis fort longtemps des preuves irréfutables ont imputé la création d'Al-Qaïda à la CIA, à l'origine des événements en Syrie. L'intervention de la Russie n'autorise plus le déploiement de ce processus, dont l'objectif inavoué était de s'approprier les immenses réserves méthaniques de la Syrie.

Nous pouvons nous interroger sur l'objectivité des médias participant à cette vaste opération de désinformation, notamment en se dispensant de s'appesantir sur ce rapport de la DIA déclassifié en avril 2015 grâce à l'action d'une organisation américaine et préférant le discours mensonger des autorités élues plutôt que de révéler leurs réelles implications militaires sur le territoire d'une nation souveraine ayant comme finalité la déstabilisation de ses institutions politiques, de son économie et de son peuple soumis à la transhumance au nom de la démocratie et des droits de l'homme.

Certains peuvent prétendre qu'il n'y aurait pas d'interactivités entre la situation syrienne et hexagonale, nous leur préciserons que nous pouvons identifier le même adversaire et que sa défaite en Syrie serait aussi un avertissement à ses comparses hexagonaux s'affairant à dépecer la nation, de manière à l'offrir à la rapacité des néo-libéraux occupés en ce moment à s'accaparer l'Ukraine, la Syrie, l'Irak, après avoir englouti la fédération Yougoslave, la Libye et s'apprêtant à fondre sur la république algérienne après l'avoir méthodiquement encerclée.

La démocratie a cette particularité dès lors que ses dirigeants arborent l'onction du suffrage universel, mais que leurs politiques dilapident la renommée d'une nation et son potentiel économique, on est juste en droit de s'interroger à propos de leurs véritables motivations : Sont ils complices ou inaptes?

Actualités

Anne Patterson secrétaire d'État adjointe aux Affaires du Proche Orient déclarait mercredi 4 novembre 2015 devant le Comité des affaires étrangères de la Chambre des représentants : «Le Front al-Nosra, affilié à Al-Qaïda, a absorbé différentes organisations d’opposition modérée… Il a absorbé un certain nombre de ceux que nous appelions précédemment l’opposition modérée».

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