Colère et Espoir60

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L’ORDRE LIBÉRAL N’EST QU’UNE BULLE Par Habib ABBA-SIDICK

stock-exchange-738671_960_720.jpgLe président allemand Joachim Gauck, que peu d’entre nous aurait eu l’aptitude de situer dans la galaxie politique internationale, dans une récente déclaration a supposé que «Ce ne sont pas les élites le problème, c’est le peuple. »

Au terme du mandat de l’actuel président des USA , plus de 100 millions d’Américains demeureront inemployés, parmi eux 50 millions fréquenteront les associations caritatives et auront l’immense privilège de subsister avec des bons d’alimentation.

En janvier 2009, la créance publique américaine était de 10.000 milliards de dollars, et elle sera de 20.000 milliards de dollars lorsque l’actuel régisseur de la maison blanche en aura terminé avec ses prérogatives électives.

«Ce ne sont pas les élites le problème, c’est le peuple.» là est tout l’anachronisme du néolibéralisme, dont l’objectif est une hyper concentration monétaire et industrielle dont les peuples seraient exclus, car par définition ils sont improductifs sans exercice coercitif et leur entretien trop onéreux.

Le néolibéralisme dans son expansion actuelle est presque parvenu à circonvenir les fondements des sociétés développées en obtenant le ralliement des élites politiques et économiques jusqu’alors traversées par différentes thèses philosophiques et en particulier le marxisme dont l’apogée surviendra avec l’avènement de la révolution bolchevique en 1917, au début du XXième Siècle transcendant par sa radicalité un monde voué aux trônes et couronnes ignorant superbement la condition humaine des peuples.

Paradoxalement, cette intronisation populaire et laïque eut l’effet d’initier une rivalité certes meurtrière, mais engendra une émulation transgénératrice dans tous les domaines. Le progrès s’est aussi bâti sur la décomposition humaine que plusieurs belligérances mondiales illustreront notamment en 1914 et en 1939.

Lorsque cet antagonisme s’étiola, on pensait les bellicismes révolus. Les emblèmes de cette bipolarisation étant dissipés, désormais le monde pouvait s’atteler, même brièvement, à la résolution des impérities redondantes d’antan. La raison n’était pas le parti d’un des protagoniste lequel proclama, à tort, avoir vaincu l’adversaire et déclencha une dévastation moins tonnante mais tout aussi mortifère.

Quelques décennies plus tard, un questionnement majeur nous taraude l’esprit. Les intentions du triomphateur présumé intégraient elles son propre délitement ? Ou n’était il que le simple vecteur prédestiné de la désolation et du chaos  permettant à quelques individus rassemblant l’extrême puissance de ce monde de dissimuler leurs térébrantes ambitions sous le mascaron du néolibéralisme ?

Par une interversion extraordinaire, le peuple n’est sûrement pas le problème mais plutôt les élites prévariquées dont la scélératesse induit la désagrégation politique et culturelle au service d’une prédation inextinguible.

Les peuples n’auront pas d’autre alternative que de s’opposer à leur destruction en s’organisant. Les préconisations délivrées par ces cupides laudateurs et que l’on désigne sous le vocable d’élite ne sont que des mensonges que l’implacable réalité dément singulièrement quotidiennement. Quels sont les progrès et les améliorations que le néolibéralisme a t il épandu depuis qu’il revendique la primauté sur tout autre forme d’organisation humaine ?

Aucun. Toutes les formes de libertés acquises par le passé sont arasés au prétexte qu’elles nuisent à la cohésion ou plutôt à leur voracité travestie en réformes dévastatrices. Les prétentions à dénicher les solutions permettant non pas de transformer le quotidien des gens de peu, mais à soudoyer leur consentement sont légions. Toutes aussi indiscernables que le regain de l’activité économique toujours annoncé mais dénué de réalité autre que médiatique.

Dans ces conditions, quel autre raisonnement devons nous initier? S’attaquer aux parois de la bulle dans laquelle nos cupides laudateurs veulent nous retenir. Le désordre est factice car il a été délibérément et savamment organisé par la sphère financière de manière à désespérer les peuples par nature rétifs à leurs injonctions. Le labeur et sa perpétuation ne sont qu’un leurre les autorisant à perpétuer leur domination et à entretenir notre crédulité à propos d’un horizon définitivement borné par l’ordre libéral.

Actuellement l’être humain est en capacité d’effacer l’utilisation d’individus dans les process de fabrication. L’avènement des automates dotés d’intelligenciel parviendront progressivement à se substituer à l’homme. Cela pose plusieurs interrogations.

Jadis, le labeur nous a octroyé le progrès, mais il a contraint les hommes à une addiction exponentielle. Par le salariat, véritable servage sans lequel aucune existence décente n’était possible. C’est ainsi que la productivité s’est imposé au détriment de la liberté des individus astreints à subir la coercition d’un système rapace.

En l’occurrence, si ce processus parvenait à son terme, l’homme deviendrait improductif au sens libéral du terme, mais vraisemblablement pas le concernant personnellement dès lors qu’il serait libéré de sa condition d’hypothétique serf ? De quelle manière serait il en capacité d’utiliser cette liberté encore inexplorée ? Comment pourrait il subvenir dans ces conditions à ses besoins primitifs sans être en possession du medium monétaire, auparavant obtenu par l’acceptation de son servage l’autorisant à accéder au salariat ? Comment pourrions nous organiser notre subsistance tout en bénéficiant des commodités élémentaires si nous sommes dépourvus du moyen monétaire ?

Devons nous nous dispenser de l’élément monétaire au profit de l’utilité de la chose produite dépourvue de valeur négociable? Comment ériger une démocratie de rapports entre les individus ? La Décision doit elle être fractionnée selon un échelon régional, communal ou national ? Doit on se départir de la notion de propriété immuable et privilégier la possession collective ? Devons nous entreprendre des coopérations avec des peuples côtoyant le sous développement en mettant à leur disposition notre ingénierie et nos connaissances en dehors de tout négoce ?

Nombreux seront les questionnements encore nécessaires à l’élaboration d’un devenir opposable aux certitudes mensongères assenées par un néolibéralisme affinant la niaiserie humaine. L’impérieuse nécessité nous l’impose absolument.

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