Colère et Espoir60

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LA SPÉCULATION ÉCOLOGIQUE Par Habib ABBA-SIDICK

rechauffement_climatique.jpegLe désordre climatique que l’on nous mitonne lors de chaque récréation médiatique où tout événement météorologique devient la preuve de la détérioration de la "croûte terrestre" ou de "la couche d’Ozone" avec en point d’orgue, lorsque la science est impuissante à expliquer la teneur du phénomène, est requis le soupçon en espérant qu’un jour les météorologues émettront les certitudes salvatrices permettant à la doxa néo-libérale de se perpétuer en prétendant avoir sauvegardé la planète.

On omet trop souvent de rappeler que c’est à l’initiative du G7, par le truchement de Margaret Thatcher en 1988, que ce rassemblement formel consacrant les puissances majeures, a décidé le financement du GIEC (Groupe Intergouvernemental d'experts sur l'Évolution du Climat) lequel nous assène imperturbablement que le ciel va nous tomber dessus si nous n’acceptons pas de nous restreindre.

Produire mieux en évacuant les agents pollutoires et nocifs est une évidence, prétendre que la détérioration de l’atmosphère serait dû à l’activité humaine, sans que l’on sache de manière exhaustive si ces processus ne relèvent pas davantage de l’épiphénomène plutôt que de l’extraordinaire, ne parvient pas à effacer l’impression que les affirmations péremptoires du GIEC peuvent être aussi hallucinatoires.

Hugo Chavez ne déclarait-il pas à ce propos que l’on ne devait pas transformer le climat mais plutôt le système, car au détour des certitudes scientifiques, il va de soi que son omniprésence se vérifie dans le sillage de la sarabande écologique dédié à notre bien-être que le libéralisme s’affaire à nous proposer.

Mais là, nous avons une interrogation à dissiper en concomitance avec la liturgie sur le pessimisme climatique, il existe une place financière du carbone, le principal élément mis en exergue par les scientifiques du GIEC, lequel est aussi une valeur que la spéculation a admise et dont elle profite avec voracité.

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En 1997, le protocole de Kyoto est paraphé par les nations s’engageant à réduire la production de substances dénaturant l’atmosphère et participant à " l’effet de serre ". Il est institué un fond géré par la Banque mondiale permettant aux nations d’acquérir des " droits à polluer ". Les nations industrialisées étant pourvues d’industries participant à la pollution de l’atmosphère auront la possibilité de se doter de " droits à polluer " supplémentaires auprès des nations en voie d’industrialisation disposant de " droits à polluer " qu’elles n’utiliseront pas et avec le produit de cette cession elles pourront débuter leur industrialisation en prenant soin de l’environnement.

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Parallèlement en 2003, s’établit une place financière du carbone à Chicago, la Holding CCX (Chicago Climate Exchange). Elle a été créée par David Blood (ex Goldman Sachs) et ses statuts juridiques ont été rédigés par Barack Obama employé par une fondation la Joyce Foundation dont le président est David Sandor lequel débutera les études relatives aux conclusions du protocole de Kyoto et deviendra le principal actionnaire de la CCX à hauteur de 15 % en compagnie d importants fonds d’investissement ; BlackRock, Intercontinental Exchange (Fonds d’investissement d’Atlanta), Invesco (Fonds d’investissement d’Atlanta), DWP Bank (établissement financier allemand) et Generation Investment Management. La CCX essaimera à Londres, Sydney, Tianjin et Montréal.

En 2004 est fondée un fonds d’Investissement (Hedge Funds écologique) GIM (Generation Investment Management) rassemblant Al Gore (ex vice-président des USA), Peter Harris, Mark Ferguson et Peter Knight (ex-Goldman Sachs) et Henry Paulson à l’époque DG de Goldman Sachs, puis artisan du Krach de 2008 et de l’effondrement de Lehmann Brother). GIM détient 10% de CCX.

Les "crédits carbone" ou "droits à polluer" représentent un marché de 1000 milliards de dollars. L’ex-président Barack Obama avait l’intention de promulguer une loi fédérale dénommée "Clean Power" soutenue par le (RGGI) Regional Greenhouse Gases Initiative (appliquant les quotas carbone) et Goldman Sachs, similaire aux lois Cap and Trade en vigueur ailleurs. Celle-ci n’a pas été adoptée par le congrès, ainsi que par la cour suprême des USA se prononçant en sa défaveur. Goldman Sachs possédant 10 % de la CCX a toujours été favorable à une législation permettant de réguler la production de carbone. Le "Clean Power" prévoyait une réduction de 32 % des émissions de carbone en 2030 aux USA et autant de profits initiés par cette législation en apparence écologique.


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Barack Obama, Al Gore, Goldman Sachs et leurs acolytes des fonds d’investissement tels que Blackrock n’ont pas d’autres objectifs que la création d’une spéculation financière à partir du carbone devenu un motif d’agiotage.

Sur le continent européen, l’alter ego de CCX baptisé ECX (European Climate Exchange) est déjà à l’œuvre. D’après ECX " Les contrats ECX-CFI sont constitués d’une série de contrats à terme permettant aux utilisateurs de fixer le prix d’instruments livrés à une date donnée dans le futur. ". C’est exactement la définition de l’action de spéculer.

L’Hexagone toujours à la pointe de la dérégulation dissimulée, a créée en 2005 Powernext Carbon, surprenant, car avec sa filière nucléaire il ne représente que 7 % des quotas d’émissions de CO2 européens.

Le 24 juin 2005, les activités de Powernext Carbon débutèrent en présence de : ACCORD ENERGY LIMITED (entreprise écossaise de spéculation sur les hydrocarbures et le méthane), CARBON CAPITAL MARKETS (entreprise britannique de spéculation sur le carbone), ENDESA TRADINGSAU (entreprise espagnole de production d’électricité) ELECTRABEL SA/NV, GASELYS (entreprise créée par GDF et la Société Générale), GREENSTREAM NETWORK LTD (entreprise finlandaise de services dans le domaine de l’énergie), SOCIETE GENERALE SA, SNET (entreprise hexagonale gérant les unités thermiques de CDF, elle est l’actuelle propriété d’E-ON entreprise allemande),TOTAL GAS AND POWER LIMITED.

Electrabel filiale à 100 % d’ENGIE procéda à la fixation de la valeur de l’indice Carbone déterminée par le flux d’acquisition et de cession des "droits à polluer". La Caisse de dépôts autre larron s’occupant de sécuriser les transactions et de légitimer Powernext Carbon par sa participation financière et son statut d’entreprise financière publique.

Alors quel est le véritable objectif de ce montage financier aussi bien outre-atlantique que sur le continent européen ? Ne s’assimile-t-il pas davantage à une escroquerie en bande organisée au prétexte de "réchauffement climatique" et autres dislocations supposées de la planète ? Cette opération n’est dédiée qu’à la création d’un espace de spéculation, où divers opérateurs américains et européens espèrent maîtriser le domaine de l’énergie produite par les unités thermiques utilisant le charbon et le transformer en valeur d’agiotage.

Le protocole de Kyoto a introduit la possibilité d’acquérir des "droits à polluer". Il a distingué les nations industrialisées de celles non-industrialisées. Les premières, dont l’activité nécessitant plus de "droits à polluer" que les secondes, ont généré artificiellement l’offre et la sollicitation. Sur le continent européen, les "droits à polluer" ont été distribués en abondance, gratis pro deo, aux industriels et aux producteurs d’énergie, de manière à ce qu’ils réduisent leurs émissions polluantes.

certains ont pensé à l’instar des USA, qu’ils seraient profitable d’apposer une valeur monétaire sur ces "droits à polluer" et les différends gouvernants hexagonaux ont offert leur entremise en générant European Climate Exchange (ECX), puis Powernext Carbon, versant européen de la Holding américaine (CCX), avant de présenter la facture au consommateur en la grevant par l’intermédiaire de la Contribution au Service Public de l'Électricité (CSPE), destinée au financement des énergies renouvelables.

Dorénavant, les énergies de substitution sont devenues, à l’instar de la commission européenne et des écologistes, l’éden de la spéculation carbone engendré par un néo-libéralisme prédateur et dont la COP21 a été le promoteur, ce qu’à priori le président Donald Trump ne semble pas admettre en renonçant à l’accord de Paris. Trop spéculatif peut-être ?

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