Colère et Espoir60

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

LE DIABLE PREND SES QUARTIERS CHEZ ÉMILE COMBES Par Habib ABBA-SIDICK

13933724-la-laicite-doit-elle-effacer-la-religion-de-l-espace-public.jpgLa république Française se distingue par un inventaire législatif et juridique exhaustif. Inclinant toutes situations à se conformer à la loi commune. En certaines occurrences, elle s’accommodera du renfort des conventions collectives, des décrets, des ordonnances ou même parfois des diverses jurisprudences prononcées par les instances judiciaires, adaptant ainsi la loi à l’éclectisme de la situation.

La réalité est parfois surprenante, car de nombreuses lois évoquent des dérogations lesquelles ont été subrepticement insérées par le législateur modifiant l’autorisation ou la contrainte au détriment de la majorité et au profit de minorités agissantes.

En cette matière, la loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des Églises et de l’autorité publique a été modifiée en 17 occasions entre 1973 et 2015, avec notamment un pic en 2015 puisque ce n’est pas moins de six articles lesquels auront été toilettés, modifiées ou abrogées. Auparavant de 1973 à 1992 aucune modification n’interviendra.

On discernera plusieurs articles dont la suppression, la modification pourrait interpeller. Tout d’abord on rappellera le principe de la loi du 9 décembre 1905 énonçant en son titre premier :

Article 1

__La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.__

Article 2

 La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

si l’on devait résumer la loi du 9 décembre 1905 on pourrait inférer ainsi : La république ne reconnaît aucun culte, mais elle garantit la liberté de conscience et le libre exercice du culte.

On se permettra cette contraction, en guise de rappel à une classe politique s’arrogeant, en toute impunité, le droit de déroger à la loi du 9 décembre 1905, tout en promulguant des discours lénifiants à propos de la sauvegarde de la laïcité.

Depuis plusieurs décennies, les responsables politiques hexagonaux successifs n’ont cessé d’instruire le délitement de la loi de 1905 au service de vils intentions mercantiles.

Ainsi, une subtile spéculation a été établie entre le pouvoir civil librement déterminé par le suffrage universel et l’intemporel représenté par les divers ordonnancements cultuels depuis les années 90. D’autant, que de prime abord la loi du 9 décembre 1905, dont nous dispenserons le lecteur de sa genèse, car tel n’est pas le propos du moment, s’adressait aux « églises », dont le pouvoir s’étendait à l’instruction par les congrégations et s’opposait aux lois de Jules Ferry promulguant l’instruction obligatoire (1881) et gratuite (1886), et aussi la suppression de l’enseignement de la morale religieuse auquel on substituera une instruction morale et civique.

Par son intitulé, la loi du 9 décembre 1905 suppose la scission entre les églises et l’autorité publique. Elle ne discerne pas les particularismes liées aux autres cultes, notamment musulman, actuellement en pleine expansion et déhiérarchisé, car ne possédant aucune organisation représentative, à l’instar d’un clergé, n’existant pas en islam.

Elle évoque, sans plus de précisions, « les cultes ». On supposera que ce pluriel s’adresse davantage aux fervents protestants, catholiques et juifs dans une moindre mesure, et évacue les adeptes musulmans.

En conséquence, si le président François Hollande et son chef du gouvernement Manuel Valls prétendent que « la garantie par la république du libre exercice des cultes », suffit à préserver la laïcité en omettant d’en indiquer les conditionalités, « sous les seules restrictions édictées » par les 44 articles définissant la frontière entre le temporel et l’intemporel et la non reconnaissance par la république d’aucun culte, alors ces satrapes considèrent que « la France est la fille aînée de l’église ».

Dans ces conditions, comment Manuel Valls peut-il prétendre organiser la religion musulmane en France, alors que ce culte est dépourvu de toute hiérarchie et le demeurera ? À la faveur des belligérances suscitées en partie par les responsables politiques hexagonaux, en Algérie, avec force acuité en Syrie et en Libye, en attisant les syncrétismes originels inhérents à l’islam, et par dessus tout en négligeant que la loi du 9 décembre 1905 « ne reconnaît aucun culte », comment l’autorité publique peut-elle s’arroger le droit d’organiser les musulmans de France ? Au nom de la Laïcité ? De l’Arabie Saoudite ? Du Qatar ?

Ne s’agit-il pas plutôt d’une interprétation délibérée de la loi du 9 décembre 1905 permettant d’abroger la laïcité, en franchissant une délimitation que nos devanciers ont voulue hermétique et dont la stricte observance était le viatique ? Voudrait-on que le blason de la république oscille entre « Dieu et mon droit » ou « En Dieu nous avons confiance », en utilisant l’islam comme le levier destructeur de la laïcité au profit de l’église catholique et romaine n’ayant jamais abdiqué son pouvoir ?

Les abrogations et les modifications successives que la loi de 1905 a subies, autorisent les associations cultuelles à se dispenser des restrictions qu’elle énonçait en son article 2, en matière de financement de leurs activités. Le diable se dissimule toujours dans les détails, ce qu’Émile Combes n’ignorait pas. interparagra.gif

   .

Partage

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet