Colère et Espoir60

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PLUS RUDE SERA LA CHUTE Par Habib ABBA-SIDICK

index1.jpegLe gouvernement prétend avoir découvert le sésame permettant d’éradiquer le non- emploi endémique en initiant une réforme drastique de la législation concernant les rapports entre employeurs et salariés

"Apporter plus de souplesse à notre droit du travail pour libérer les énergies, favoriser la création d’emplois, tout en créant de nouvelles sécurités" justifié le chef du gouvernement en divulguant la substantifique moelle de ce pensum, véritable " licence de liquidateur" dispensé à l’ordre libéral.

Dans un tempo identique le ministre de l’économie a indiqué que le gouvernement procéderait à la privatisation de certaines entreprises publiques destinée à "financer l'innovation".

Le président de la république, nous assène que le devenir de la France est européen, que l’UE est son glaive et a décidé de pourfendre la compétition entre salariés favorisée par la directive européenne ayant trait aux salariés Est-européens en activité sur d’autres territoires membres de l’UE présentant des législations sociales plus avantageuses.

L’ensemble de ces décisions s’inscrit dans la doxa promulguée par la commission européenne et que le gouvernement actuel souhaite appliquer. On remarquera que l’antienne usitée sous le précédent quinquennat à propos de cet emploi fugueur nous est resservie et que comme à l’accoutumée, les protagonistes de cette farce tiennent leur interprétation prête a être déployée.

La France Insoumise est le subsidiaire, lequel grâce à l’onction du suffrage universel a décroché son droit d’entrée à cette énième mascarade au cours de laquelle tous les poncifs de la revendication seront ânonnés en dépit d’un épilogue dépourvu de mystères.

Les entreprises ne mettront pas un terme à l’inemploi chronique que la France côtoie depuis presque un demi-siècle, malgré la disparition de la législation régissant les rapports entre employeurs et salariés. Les salariés ne sont pas la cause de cette situation en dépit des accusations prononcées à leur endroit, ils ne sont que les victimes expiatoires d’un système se désagrégeant.

Le mode de production issu de la seconde révolution industrielle est seulement devenu obsolète et en conséquence l’ensemble des éléments ayant participé à son développement et à sa perpétuation s’est heurté au progrès d’une technologie capable dans les années à venir de s’activer sans l’intervention humaine. Dès lors ce phénomène introduit la question révolutionnaire. Comment organise t-on une société où les individus ne sont plus dans l’obligation d’être les salariés de leur propre exploitation?

Dans ces conditions, quelles sont les raisons autorisant la représentation politique et syndicale de notre société à nous présenter un horizon limité dans lequel il est inscrit que l’homme est assigné à la production et à son exploitation et qu’en dehors de cette assertion son existence n’offrirait que déshérence ? La cupidité que le pouvoir entretient et sur laquelle est érigée sa puissance.

Tant que les individus subiront la geste, l’acte et le propos de ceux qu’ils ont désigné à leur représentation politique ou existentielle (le libéralisme), le pouvoir n’aura aucune difficulté à les maintenir sous sa prééminence. D’autant que ce système ne s’effondrera que parce que les principaux ordonnateurs en auront décidé ainsi, car l’ultime euro ou dollar en aura été soutiré et ils lui substitueront une tyrannie désincarnée.

le peuple, cette entité informe, n’est pas encore en aptitude de s’organiser, enjôlé qu’il est par des mystificateurs amassant des fortunes. Ils sont toujours aussi prompts à le séduire, alors que leur logique est de servir leur maître, car il y a déjà bien longtemps que ceux que le suffrage universel retient ne sont que les dévoués serviteurs de l’ordre libéral quelque soit la dénomination dont ils sont affublés.

La puissance publique s’estompera davantage en se départissant de son outil économique. Selon la thèse en vogue, elle est incapable de gérer ses entreprises. Si l’on s’attache à ce raisonnement, elle aurait été en capacité de créer des établissements prospères devenus des multinationales (EDF-GDF-SNCF-THALÈS-EADS-SAFRAN) et bien d’autres et subitement elle serait privée de ses facultés à perpétuer leur essor à tel point qu’il devient urgent de les offrir à la sphère privée, laquelle détiendrait un savoir divin en ce domaine. Étonnant, les personnels (ingénieurs, techniciens) sont formés par les entreprises privées ? Les investissements ont-ils été réalisés par la fraction privative de l’économie?

Le libéralisme interjettera que leur orientation est insuffisamment dirigée vers l’augmentation du taux de profitabilité et qu’ils sont disposés à mettre leur " know how " au service de cet ambitieux projet à condition que la puissance publique en assume les onéreux investissements. Évidemment, un saupoudrage de prévarications est requis et vous obtiendrez le dépeçage de la puissance publique au profit de la prédation en toute légalité.

On serait fragmentaire, si l’on n ’évoquait pas l’UE, cet abri irréprochable dans lequel la représentation politique hexagonale y dissimule ses renoncements, sa cupidité et sa capitulation. Dès lors, le président de la république peut toujours agiter ses improbables rétorsions réservées aux salariés itinérants provenant de l’Est européen auxquels il est reproché de transgresser la législation ayant trait au labeur, alors qu’il est le principal architecte de sa désintégration sous le pseudonyme d’El-Khomery et aujourd’hui en utilisant le processus des ordonnances.

On inférera à propos de cette élection présidentielle nous promettant des lendemains heureux, qu’à part l’aspect juvénile du commandant, le leitmotiv serait plutôt dédié à l’extension d’un libéralisme déjà débridé que les coquins et les copains d’antan ont tant flatté en pensant que leurs privilèges seraient maintenus. Il semblerait qu’ils devront se découvrir aussi dépourvu que la cigale lorsque les ordonnances auront accompli leur forfait. Cependant nous leur rappellerons que leurs glorieux devanciers avaient anticipé cette situation et qu’en certaines matières, il n’est pas toujours judicieux de réaliser " table rase du passé ".

Pierre Cot (PCF)

«Ce ne sera ni l’Europe de la démocratie chrétienne, ni l’Europe social-démocrate qui sortira du marché commun : ce sera l’Europe des grands industriels, des ententes industrielles, des Konzern, de ces cartels dont les industriels allemands et, notamment ceux de la Ruhr, depuis près de trois-quarts de siècle - car ils ont commencé à la fin du dix-neuvième siècle - connaissent magnifiquement le maniement. » (1957)

Jacques Duclos (PCF)

«La petite Europe du marché commun n’est pas et ne peut pas être une association des peuples. C’est une sorte de syndicat d’exploiteurs capitalistes ayant à leur tête ceux qui firent surgir Hitler du néant et le portèrent au pouvoir.(...) Si la petite Europe devait être une rivale des États-Unis, ceux-ci seraient hostiles aux traités européens. Or, il n’en est rien. Au contraire la petite Europe est considérée à Washington comme devant être la base économique et militaire du dispositif stratégique que constitue l’O.T.A.N. (…) Avec le marché commun, des capitalistes français, associés aux trusts allemands, réaliseraient sans doute de substantiels bénéfices, mais le déclin économique de la France deviendrait inévitable. Si ce traité était ratifié, les travailleurs français pourraient s’attendre à voir s’aggraver leur situation sur le plan des salaires, de la sécurité sociale, du chômage ». (1957)

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